Une étude exclusive pour Mister Turbo
Stationnement plus cher, places supprimées, restrictions ciblant certains véhicules : dans de nombreuses métropoles, la voiture occupe une place de plus en plus discutée dans l'espace public. Dans de nombreuses métropoles françaises, les choix municipaux influencent directement les habitudes de déplacement, les commerces de centre-ville et le quotidien des habitants.
Dans ce contexte, le débat oppose souvent transition écologique et attractivité économique. Mais au-delà des prises de position, comment les automobilistes vivent-ils réellement la conduite en ville ? Se sentent-ils découragés ? Changent-ils pour autant leurs pratiques ? Ou continuent-ils à utiliser leur véhicule malgré les contraintes ?
L'étude menée par FLASHS pour Mister Turbo montre une réalité plus nuancée qu'un simple clivage pour ou contre la voiture. Si la conduite urbaine est largement perçue comme contraignante et conflictuelle, l'usage persiste, en particulier chez les non-résidents des métropoles. À l'approche des municipales de 2026, ces résultats éclairent un enjeu électoral qui dépasse la seule question environnementale.
Un parc urbain très thermique

La voiture utilisée en milieu urbain reste majoritairement thermique. Parmi les automobilistes qui circulent en ville, plus des trois quarts (77 %) utilisent principalement un véhicule thermique. L'hybride représente 17 % des usages, tandis que le 100 % électrique demeure minoritaire, à 6 %.
Les modèles les plus répandus sont les berlines et compactes (35 %), devant les petites citadines (24 %). Les SUV et 4x4 occupent 21 % du parc, devant les véhicules familiaux de type break ou monospace (17 %). Les utilitaires (2 %) et les voitures sans permis restent marginaux.
Le parc automobile urbain demeure dominé par les motorisations thermiques et les modèles standards.
La ville, terrain de contraintes
La conduite urbaine est plus souvent jugée négativement que positivement. Si 40 % des automobilistes la qualifient d'agréable, 60 % la décrivent comme contraignante, stressante ou épuisante.
Le ressenti se durcit à mesure que l'on s'éloigne du centre urbain. Parmi les habitants de la ville principale, 53 % évoquent une expérience négative. Ce chiffre grimpe à 59 % chez ceux qui résident dans une autre commune de la métropole et atteint 64 % chez les conducteurs vivant hors métropole mais circulant en ville.

Un gabarit rassurant ?
Malgré ce ressenti souvent négatif, 56 % des automobilistes estiment que leur véhicule les fait se sentir davantage en sécurité en ville.
Cette perception varie fortement selon le type de modèle. 68 % des conducteurs d'utilitaires et 67 % de SUV ou 4x4 déclarent se sentir plus en sécurité, contre 57 % pour les berlines ou compactes et 55 % pour les véhicules familiaux.
Seuls 45 % des conducteurs de petites citadines partagent ce sentiment, soit un écart de 22 points avec les SUV.
Des tensions omniprésentes

Si le véhicule peut procurer un sentiment de protection, l'environnement urbain reste, lui, largement conflictuel. Une très large majorité d'automobilistes déclarent être confrontés au moins de temps en temps à des comportements inadaptés en ville.
La pression sur la route arrive en tête : 87 % disent y être confrontés, dont près de trois sur dix (29 %) très souvent. Ne pas être pris en compte dans la circulation concerne 81 % des conducteurs. Être obligé de céder pour éviter un conflit est évoqué par 76 % d'entre eux, tandis que 72 % déclarent subir des comportements intimidants.
Au point de décourager

Dans ce climat déjà tendu, plusieurs facteurs viennent renforcer le découragement. Le stationnement apparaît comme le principal obstacle : 87 % des automobilistes déclarent qu'il les dissuade, au moins un peu, de se rendre en ville en voiture. Plus de la moitié (53 %) affirment même que cela les décourage beaucoup.
La circulation arrive presque au même niveau : 85 % évoquent les bouchons, la densité ou le temps perdu comme un frein à leurs déplacements urbains.
Les incivilités et comportements agressifs sont cités par 69 % des conducteurs, tandis que 71 % pointent la complexité des aménagements urbains.
Ces résultats montrent que les freins ne se limitent pas à la fluidité du trafic : ils concernent aussi l'accès, l'organisation et le climat relationnel de la conduite en ville.
La voiture malgré tout

Même lorsqu'ils se déclarent découragés, les automobilistes restent plus nombreux à maintenir l'usage de leur voiture qu'à y renoncer. Parmi ceux qui disent hésiter à se rendre en ville, 45 % y vont malgré tout en voiture.
Près de quatre sur dix (38 %) optent pour une alternative, comme les transports en commun, le vélo ou la marche. Seuls 17 % renoncent à se déplacer lorsque ce n'est pas indispensable.
Les comportements varient toutefois selon le lieu de résidence. Les habitants de la ville principale sont les plus enclins à changer de mode de transport : 50 % choisissent une alternative et seulement 6 % renoncent à s'y rendre.
À l'inverse, les personnes vivant hors métropole maintiennent plus souvent l'usage de la voiture (51 %) et sont également plus nombreuses à renoncer au déplacement (23 %). Les résidents d'une autre commune de la métropole adoptent une position intermédiaire, partagés entre maintien (36 %) et report vers d'autres modes (46 %).
Ces écarts illustrent des marges de manœuvre très différentes selon l'ancrage territorial.
Thermique pénalisée, électrique facilitée ?

La conduite en ville ne suscite pas les mêmes perceptions selon la motorisation. Parmi les automobilistes disposant d'un véhicule thermique ou hybride, 66 % estiment que les embouteillages, arrêts fréquents et bas régimes peuvent user prématurément certains composants mécaniques.
À l'inverse, du côté des conducteurs de véhicules 100 % électriques — minoritaires dans l'échantillon — 74 % considèrent que les mesures mises en place en leur faveur, comme les places dédiées ou le stationnement facilité, simplifient réellement leurs déplacements en métropole.
Méthodologie
Enquête réalisée par FLASHS pour Mister Turbo du 06 au 10 février 2026 par questionnaire autoadministré en ligne.
Échantillon de 1 000 automobilistes se déplaçant en métropole, issu d'un panel de 1 415 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.
Un panel d'automobilistes se déplaçant en métropole, majoritairement non-résidents
- 100 % des répondants déclarent se déplacer en voiture dans une métropole, dont 48 % au moins plusieurs fois par mois.
- 45 % habitent en dehors de la métropole dans laquelle ils se rendent en voiture. 55 % résident dans la métropole (28 % dans la ville principale, 27 % dans une autre commune).